Le barrage de Chambon: son Histoire

 Durant la période de 1890-1910, on voit en France un premier développement de l’électricité, mais d’abord par des applications industrielle comme l’électrochimie et l’électrométallurgie (avec le chlore et l’aluminium. A l’époque, on utilisait surtout du courant continu qui était peu transportable, d’où la nécessité de se placer près des sites de production hydroélectriques. C’est pourquoi entre 1899 et 1914, la vallée de la Romanche avec de fortes pentes propices aux chutes voit 7 usines s’installer entre Séchilienne et Bourg d’Oisans. Cela fournit du travail à une population en déclin, mais aussi à une nombreuse main-d’œuvre immigrée car la ressource en eau est surtout disponible l’été, quand les « ouvriers paysans » se trouvent aux champs.

   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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  Ce  sera aussi le plus haut chantier d’Europe… Bref l’Etat, à travers le Service des Forces Hydrauliques, suit de près le projet, d’abord pour ses aspects sécurité, mais aussi parce qu’il doit être le point de départ des grands équipements de stockage et de régulation qui devraient se multiplier. La loi du 16 Octobre 1919, proposée par le député de l’Isère Léon Perrier, déclare que l’énergie hydroélectrique est d’intérêt public et précise les droits et les devoirs des industriels. Elle sera complétée par la loi du 19 Juillet 1922 qui renforce la collaboration public privé notamment pour le transport de l’électricité haute tension.
La mise en place du projet commence donc avec la création, en 1921, de la SCICR (Société Civile des Intérêts Collectifs de la Romanche), sous l’impulsion du Service des Forces Hydrauliques du Sud-est. Le Ministère de la Guerre promet 10 millions de francs si la retenue peut être vidangée rapidement, et servir d’entrepôt subaquatique à des munitions dangereuses. La première demande de concession date de 1923, mais achoppe sur certains détails comme le tracé futur de la RN 91. Ce n’est qu’en 1926 que le décret de concession est accordé. La SCICR cède la place à la Société de Régulation des Forces Motrices de la Vallée de la Romanche (SFMVR) ou Société Chambon-Romanche, à capitaux mixtes, entre l’Etat et une douzaine d’industriels. Le décret précise les deux objectifs: “ pour la régulation des débits et la conservation des stocks de guerre ”…. Initialement chiffré à 30 millions de francs, le budget est revu à la hausse dès 1928 et passe à 60 millions de francs. La moitié du Conseil d’Administration émane de l’Etat, et deux ingénieurs des Ponts et Chaussées assureront la direction des travaux et des études techniques… Dix ans auront donc été nécessaires pour mettre en place ce projet.

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Après de très longs travaux qui connaîtront des problèmes variées pour la construction, le barrage est édifié. Le 15 avril 1935, on peut enfin commencer la mise en eau qui se termine le 30 Octobre. Malheureusement, dès le mois d’octobre, des suintements et des jets apparaissent en rive gauche… Durant l’hiver 1936, un phénomène plus inquiétant se fait jour : l’ouverture des joints de contraction… La Société Chambon Romanche décide alors de vidanger complètement l’ouvrage et de compléter l’étanchéité par des injections… Le coût final dépassera alors les 100 millions de francs…  

Et la mise en service aura finalement lieu en 1937, avec 5 ans de retard sur le calendrier initial.Techniquement et industriellement, la retenue installée au Chambon est une réussite pour l’époque. Elle symbolise bien la victoire de l’Homme sur la Nature, du barrage sur le torrent, et la transformation d’une France qui se modernise. Quant au barrage proprement dit, son évolution est une autre histoire et elle sera plus chaotique… Il devra faire l’objet de soins importants pour parer au gonflement de ses bétons. Des vidanges totales et prolongées seront nécessaires en 1964 et 1981 pour permettre des injections. La composition des bétons ne sera pas remise en cause, mais plutôt la façon dont ils furent installés.  on l'améliorera par la suite sur les meilleurs ouvrage français

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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 Le bassin versant, lui, évoluera géologiquement différemment des prévisions des spécialistes : sa production d’alluvions ira en grandissant provoquant un comblement plus rapide que prévu de la retenue et donc la diminution de son volume utile. De nombreux curages seront entrepris jusqu’à aujourd’hui afin de limiter les dégâts qui obligeront néanmoins le concessionnaire à percer une nouvelle vanne de vidange de fond à 16 mètres au dessus de la première et à effectuer des vidanges complètes plus fréquentes.
Les travaux du Chambon terminés officiellement en 1937 ne se sont donc jamais véritablement arrêtés depuis 70 ans, et continuent d’ailleurs encore aujourd’hui…

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